LE PLUS. Le 1er janvier 2017, « Radio Dodo » diffusera sa première émission à destination des enfants et des réfugiés syriens. Pilotée par la fiscaliste et auteure québécoise Brigitte Alepin, cette radio sera diffusée grâce aux ondes de Radio Rozana et animée en arabe et en français. Comment le projet est-il né ? Qui le soutient ? Quelle application concrète ? Les explications de la fondatrice.

Édité par Henri Rouillier 

 

Je m’appelle Brigitte Alepin. Je suis d’origine mi-canadienne, mi-syrienne. La moitié syrienne me vient de mon grand-père Bechir Kabacoubji, arrivé à Montréal il y a cent ans. Pour mieux s’intégrer, il a changé son patronyme pour Alepin, le gentilé de sa ville natale. Cent ans plus tard, nous sommes plus de 500 Alepin au Canada à conserver le souvenir d’Alep dans notre nom de famille.

 

Coincés dans le pire des cauchemars

 

J’ai eu le bonheur de visiter Alep avec mon père et mon fils en 2004. J’ai rapidement compris que, pour la découvrir, je devais laisser tomber mes repères de Nord-américaine et ça a fonctionné, je suis complètement tombée sous son charme. J’ai de doux souvenirs de mon fils qui rit aux éclats avec les enfants syriens et Alep m’a permis de lui montrer qu’au fond de nous, que l’on habite à Montréal ou à Alep, indépendamment de notre couleur de peau, de notre religion ou de notre langue, nous pouvons tous rire et avoir du plaisir ensemble.

 

Lorsque les conflits ont débuté en 2011, j’ai d’abord cru que ce serait passager mais rapidement, les grandes organisations internationales ont commencé à parler d’une « génération perdue » et les photos étaient on ne peut plus claires : les enfants syriens étaient coincés dans le pire des cauchemars.

 

La radio pour outrepasser les frontières

 

J’ai dédié une grande partie de ma carrière à la cause de la justice fiscale et j’ai l’habitude de m’impliquer dans des débats publics, mais cette fois, c’était différent. C’est la première fois que je porte le nom d’une ville martyre et je présume que ça vient avec un besoin intrinsèque d’aider.

 

Au début, j’ai assisté à une rencontre privée à la Banque Mondiale pour venir en aide aux Syriens. C’est là que j’ai réalisé la difficulté d’aider les civils coincés dans les zones de guerre. Sur les 900 millions de dollars d’aide dont on a discuté durant cette rencontre, très peu a réussi à soulager les Syriens en Syrie. Si je voulais aider les enfants coincés dans ce cauchemar, il fallait donc imaginer autre chose.

 

Un ami qui s’est déjà impliqué dans une radio internationale me parlait des ondes qui traversent les frontières et c’est comme ça que j’ai eu l’idée de la Radio-Dodo, une radio destinée aux enfants de la guerre, pour les aider à s’endormir et à faire de beaux rêves. Un moment de trêve avant le dodo durant lequel ils pourront s’évader dans leur imaginaire et entrer dans un univers de musique et de mots d’amour de tous les pays.

 

Suite de l’article ici.

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